Les gens qui me connaissent depuis relativement peu ne peuvent pas se douter qu'il y a quelques années, je n'étais pas le jeune homme sain, sportif et respirant la santé qu'ils voient aujourd'hui, mais un White Trash en devenir.
Il faut dire qu'à l'époque, il était considéré comme normal de sortir en semaine, qu'au cours de la soirée, si on ne buvait pas plus d'une bouteille de vin par personne (en sus de l'apéro et du digestif), qu'on se couchait avant 2 heures du matin et que l'on avait réussi à garder pour le lendemain matin deux cigarettes du paquet de clopes que l'on avait entamé à 21 heures, on se disait qu'on avait été raisonnable.

Mais l'âge venant, la fourrure sur les dents le matin est devenue de plus en plus difficile à faire partir en dépit d'instruments très sophistiqués, sans compter qu'il n'est pas toujours évident de recevoir des clients en se servant de sa main comme hygiaphone, ou de ne pouvoir envisager une audience sans s'assurer de disposer au préalable d'une réserve suffisante de Fisherman's Friends®.
Ne pouvant me résoudre à arrêter de boire, j'ai pris la difficile décision de cesser d'investir quotidiennement dans un paquet et demi à deux paquets de Benson&Hedges, marque de cigarette à laquelle j'étais d'une fidélité exemplaire car le paquet était beau, c'est à dire bling bling avant que ce ne soit la mode, et que les héritiers de cette institution british s'entretuaient au sens sale du terme pour s'approprier la fortune que je consacrais à ce vice.

Je me suis donc rendu, le vendredi saint précédant les fêtes de Pâques 2000, à la pharmacie la plus proche pour acheter des patchs à la nicotine et demander conseil au tenancier de l'officine, lequel s'est contenté de me dire : "vous pouvez toujours tenter le coup, mais je serais surpris que vous y arriviez, moi ça fait des années que j'essaie, sans succès".
Fort de ses encouragements, j'ai clopé comme un éperdu le lendemain de la passion, et le dimanche de la résurrection, j'ai rangé mon briquet et mes cendriers (j'avais fini le paquet, vu le prix où ça coûte).
Le jour même, les actualités télévisées signalaient l'enlèvement de touristes partis faire de la plongée en Malaisie.

A partir de là, chaque jour de détention des malheureux otages était pour moi une victoire sur le tabac. Ainsi, quand j'ai entendu "Cela fait maintenant 3 mois que Stéphane Loisy, Sonia Wendling et Marie Moarbes sont détenus dans la jungle dans des conditions épouvantables, j'ai su que j'avais passé le plus dur de l'épreuve et j'ai poussé un cri de triomphe.
Je précise ne pas avoir recommencé à fumer lorsque j'ai appris leur libération, dont je me suis sincèrement réjoui, même si j'ai craint à un moment qu'elle n'entame ma motivation.
Pour arrêter de fumer, c'est donc très simple : il suffit de vouloir donner tort à un connard qui vous a dit que vous n'y arriveriez jamais, et attendre la prise d'otage adéquate.
A ce sujet, Ingrid B, l'icône de la jungle colombienne a déclaré, lors de sa libération : "si c'était à refaire, je recommencerais".
Pour les fumeurs, tous les espoirs sont donc permis.
5 comments:
Oh ça fait un bien fou de re-entendre parler d'Ingrid B, merci !!!
Chicken'B > La bande à Jolo, tu te rappelles ? C'est cette chanson que l'on chantonna en juillet...
Oh oui, Qu'est-ce qu'on était fou, qu'est-ce qu'on c'en foutait
Qu'est-ce qu'on était bien
Ha ben moi j'ai arrêté de fumer grâce à un morceau de dacron.
Un jour je vous raconterai ça au coin du feu.
Ou peut-être pas…
forslatr ?
Oui mais forslatr à faire quoi ?
Décidément, ta vie est un vrai conte de fée !!!
Et maintenant ton prochain challenge : t'arrêtes de boire quand ?
Post a Comment