Wednesday, April 27, 2011

L'ESSAI DU MOIS

Quelle est la meilleure voiture pour aller boire des Frozen Margaritas sur la Redneck Riviera ?

Comme tous les ans à pareille époque vous avez dû vous résoudre à partir en vacances :

- Votre autobronzant (orange) ne parvient plus à harmoniser vos cernes (mauves) avec votre couperose qui transforme peu à peu votre nez en fraise tagada®.

- Votre prof de Pilates et votre chiropracteur avouent leur impuissance à calmer vos lombalgies.

- Votre médecin se lasse de soigner votre 24ème crève de l'hiver.

- Même vos associés vous disent "si si je t'assure, tu devrais vraiment te détendre quelques jours" ce qui signifie qu'ils ont vraiment la trouille que vous fassiez une énorme connerie dans un dossier et/ou définitivement fuir la clientèle à force d'insulter quiconque ose vous appeler au téléphone.

C'est décidé, vous allez donc vous détendre, c'est à dire stresser avant votre départ de peur de ne pas avoir le temps de boucler les projets urgents, stresser à l'aéroport car votre billet d'avion a été émis pour un vol qui n'existe pas, stresser dans l'avion qui passe plus de temps à rouler sur la piste qu'en vol, stresser à l'arrivée car la voiture de location réservée a été emplâtrée par un frat boy décérébré pendant spring break et qu'à la place on vous propose une Ford Taurus (ou équivalent), vous bourrer la gueule méthodiquement pendant quelques jours pour essayer de dormir en dépit du décalage horaire, stresser dans l'avion du retour pour le même motif qu'à l'aller, et stresser à votre retour au bureau en raison de la quantité de merdes accumulées durant votre courte absence.

Mais pour que les vacances soient complètement réussies, il vous faut tout d'abord une destination à la con, et la voiture qui va avec.
L'an passé, nous avions testé pour vous la meilleure voiture pour aller manger une pizza à Groton. A l'époque, nous avions sans hésitation opté pour la Ford Mustang, un coupé sport élégant dans sa livrée blanche...
... aussi à l'aise sous le soleil de Long Island...
... que pour dénicher le Crate&Barrel outlet sous une averse par 7°

Forts de cette heureuse expérience, notre choix s'est porté cette année sur un road trip le long de la Redneck Riviera (en français littoral des blaireaux), à savoir la portion de côte marécageuse comprise entre la Géorgie et la Caroline du Sud, englobant les villes de Myrtle Beach, Charleston et Savannah.
Et quoi de plus naturel qu'une décapotable pour profiter du doux climat (33°C - 98% d'humidité) de cette région dont la prospérité remonte à l'époque bénie de l'esclavage.

Hélas, la Mustang décapotable réservée à l'aéroport d'Atlanta a fait quelques tonneaux, n'a plus de pare-brise et peut-être encore des petits morceaux de frat boy à l'intérieur, mais faisons contre mauvaise fortune bon pied bon oeil puisque miracle, une Jeep Wrangler (comme les jeans à chier) est disponible.

Prenons place à bord de ce véhicule mythique, aussi connu pour son rôle dans le débarquement que dans la série "Queer as folk" (pour les amateurs invertis)

Au dessus de la boite à gants, une barre de maintien annonce fièrement "Since 1941", et c'est vrai, rien n'a changé depuis, sauf la boite automatique, nos amis d'outre-atlantique étant trop manches pour se servir de leur pied gauche tout en tapant un texto et en s'envoyant un grande latte à 2500 Kcal de chez Stardust café.

Il ne faut que 2 personnes, 25 minutes et un peu de pratique pour enlever la capote en s'explosant les doigts dans les crochets de maintien et ranger le bordel qui en résulte dans l'absence de coffre, ce qui oblige à déplacer les 2 sacs de voyage qui y étaient péniblement rentrés sur le siège arrière.

.

Pour recapoter sous un orage de grêle, c'est aussi simple, et après accroché consciencieusement tous les velcros, on peut profiter d'une étanchéité assez relative jusqu'à 35 mph, vitesse impressionnante à partir de laquelle le velcro coté passager se décroche et fait battre le panneau à un rythme soutenu jusqu'à ce que vous décidiez de le fixer à coup de Chatterton dont vous possédez toujours un rouleau à portée de main dans l'hypothèse où vous croiseriez un hamster.
Côté conduite, le plaisir est le même : après vous être hissé dans l'habitacle grâce au marchetonpied, réglé manuellement les rétroviseurs extérieurs géants laissant cependant d'importants angles morts (ce qui est sans conséquence puisque le rétroviseur intérieur laisse entrevoir uniquement un bout de roue de secours derrière la lunette arrière en plastique opaque), on actionne la clé de contact et le doux ronron du 4 cylindres se fait entendre, masqué, très rapidement par les claquements de la capote (cf supra).

Il devient alors difficile de profiter de l'installation hifi de qualité, ce dont on se consolera sauf si on kiffe trop la country.

A toutes les allures, la consommation reste monstrueuse puisque ne descendant pas en dessous de 13 litres aux 100 mais avec 4 litres de cylindrée, une aérodynamique de parpaing et la clim à fond, fenêtres grandes ouvertes, que voulez vous, il ne peut pas y avoir de miracle. En même temps, on s'en branle car l'essence n'est pas chère et on a pas d'enfant à qui laisser la planète dans l'état où on aurait souhaité la trouver en arrivant.
Après avoir testé les aptitudes de 4x4 sur les 50 mètres de chemin boueux de l'allée menant à la plantation ayant inspiré Tara (serre Mama serre)...
...fait des freins à main devant la maison de "Minuit dans le jardin du bien et du mal"...

nous parvenons au but de notre voyage à savoir, le Margaritaville de Myrtle Beach...
... situé, non pas sur le front de mer squatté par des barres d'immeubles...
...mais dans un ravissement développement au nom évocateur de "Broadway at the beach" ; il est alors temps de parquer ce tas de merde sur le parking du Hampton Inn idéalement situé comme permettant de rentrer à 4 pattes après avoir ingurgité force frozen margaritas bien méritées.

2 comments:

chickenbaby said...

La petite vidéo de présentation de Brodway at the beach" donne vraiment trop envie d'y aller !!!
Avez-vous fait la tyrolienne qui va à 2 à l'heure et les boules flottantes asphyxiantes ?

Bruno said...

Ckbb > On s'est contentés de picoler, on savait bien que si on essayait de fuir avec la tyrolienne, on serait rattrapés par les boules géantes...