Saturday, November 20, 2010

Est-il vraiment temps de jeter votre 205 junior ?

En ce moment, pour cause de réduction prochaine de la prime à la casse, on a droit à de sympathiques spots publicitaires mettant en scène la fine fleur de la production automobile des années 80, savoir pour ce qui concerne la marque au lion, la 205.

A la vue de ces images, qui ne se souvient pas d'avoir caramélisé un embrayage lors d'un démarrage en côte laborieux, refait une portière contre une bitte anti-stationnement sournoisement embusquée, gondolé une aile sur un poteau de parking mal éclairé ou explosé un clignotant lors d'un créneau optimiste, avant de devoir annoncer l'exploit au géniteur qui regrettait alors de vous avoir confié les clés de son sacré numéro...

De la Junior à la GTI, tout le monde avait sa 205 et en était fier tellement les publicités étaient trop classes (valorisantes en langage Séguéla)



(notez que contrairement à ce que la musique pourrait laisser penser, la 205 n'est pas une voiture à pédale)

Alors que reste-t-il aujourd'hui de cette magie ?

Pour vous répondre, j'ai essayé pour vous en conditions réelles une 205 Junior de millésime inconnu, et vous livre en exclusivité mes impressions

On reconnaît immédiatement l'entrée de gamme de ce modèle mythique à sa peinture blanc mat, qui permet les retouches au Tip-Exx® et à ses roues de mobylette ornées d'enjoliveurs en tôle peinte ton sur ton.



Les bandes latérales, qui constituaient pourtant un attribut essentiel de ce best-seller, se sont manifestement fait la malle, sans doute victimes d'une rencontre malencontreuse avec un caddie sur le parking de Géant Casino.
Il en est hélas de même des fameux sièges en jean, qui, en dépit de housses quasi sur mesure acquises à grand frais chez Maxauto (Face le Géant Casino), laissent entrevoir un rembourrage quelque peu avachi.
Dans l'habitacle, l'instrumentation se réduit à sa plus simple expression à savoir un tachymètre, ambitieusement gradué jusqu'à 180 Km/h ainsi qu'une jauge à essence. Il existe aussi un voyant rouge multifonction qui ne s'allume que lorsqu'il est trop tard (radiateur fumant, mayonnaise dans le carter d'huile).

Après avoir tiré la manette de l'enrichisseur jusqu'à mi-course s'il fait doux et complètement si ça pèle, on actionne le démarreur en pompant vigoureusement sur l'accélérateur jusqu'à ce que ça pue l'essence et que le carburateur soit noyé. On attend alors patiemment quelques minutes avant de recommencer jusqu'à ce que le petit 4 cylindres de 954 cm3 s'ébroue dans un hurlement suraigu ou que la batterie rende l'âme.
On passe alors la première à l'aide d'un levier de vitesse de la longueur et de la consistance d'une ventouse à chiottes et l'on embraye délicatement, puisqu'il ne se passe rien sur les 9/10èmes de la course de l'embrayage.

Il suffit alors de monter les vitesses à la volée (de 0 à 112 Km/h en 2min18*) sans essayer de passer la 5ème car au mieux vous rétrogradez en 3ème ce qui, à 120 fait un certain bruit, et au pire vous enclenchez la marche arrière ce qui garantit la descente d'organes -eh oui sur la Junior la 5ème était en option-

Il est par ailleurs conseillé de s'accrocher dans les virages, les amortisseurs, sans doute d'origine ayant tendance à faire vautrer l'engin lancé à pleine allure (143 Km/h sur circuit*) et d'anticiper le freinage si vous ne voulez pas vous arrêtez dans le pare-choc du connard de devant dont le véhicule est équipé d'un ABS.

A toutes les allures, la consommation reste raisonnable, ou bien la jauge est complètement baisée.
Après 43 km, soit la distance d'un Guingamp-Perros, on arrive à bon port, bien que légèrement assourdi et s'il est 19h30 passé, on débouche une bonne bouteille de chez Marie-Débrouille® en se disant que le TGV a des bons côtés car il n'y a pas si longtemps, ce sont les 530 km qu'on se farcissait en 205 (voire en 204 pour les plus audacieux).

Il est déconseillé de boire plus de 75cl* de Marie-Débrouille© par personne, un excès d'enthousiasme pouvant alors pousser le conducteur à descendre faire des freins à main sur la plage à marée basse pour essayer d'écrire "MORUE" sur le sable.

Petit conseil avant de bazarder votre 205 au profit d'une magnifique LOGAN : vérifiez qu'elle est éligible à l'offre du constructeur, ce qui n'est pas le cas de PEUGEOT qu'on devrait trainer devant les tribunaux pour publicité mensongère. Son offre est en effet valable pour la reprise d'un véhicule de 8 à 10 ans destiné à la casse (quel gâchis) et la 205 a cessé d'être produite en 1999.


*données constructeurs

5 comments:

Denis O. said...

Oh putain, j'en ai ri aux larmes…

spicynico said...

L'explication génétique de l'homosexualité est donc définitivement enterrée. Je pense que l'on peut à l'écoute des bande-son des pubs deux-cent-cinq conclure que tous les homosexuels ont été amenés à conduire des deux-cent-cinq dans leur jeunesse et que c'est là l'origine de cette déviance.
Chez moi en tous les cas, ça colle.

chickenbaby said...

Mais Spicynico a raison, ma première voiture fut une 205 GR !!!

Gouli said...

A la 205. J'en ai eu deux une SR puis une XT. Les meilleures voitures que j'ai jamais eu. Ce qui est étonnant c'est qu'on en voit encore dans la circulation d'aujourd'hui.

Bruno said...

Denis, Ckkb, Spicy > Quand on pense que plus de 5 millions d'exemplaires ont été vendus, on comprend la baisse de la natalité depuis 1983

Gouli > Tu n'ignores donc rien du carbu double corps qui fait passer le 1360cm3 de 75 à 85 chevaux. Incomparable en termes de reprises ;-)