Saturday, June 12, 2010

Me talk pretty one day


Si vous avez un minimum de culture camp, vous avez bien évidemment tous lu le chef d'oeuvre de David Sedaris intitulé Me talk pretty one day (en français "Je parler français")

L'auteur y relate, entre autres, ses déboires avec une prof de français sadique, et la difficulté de disserter sur les mystères de la résurrection lorsqu'on a un vocabulaire de 200 mots. (Ci-après, un extrait)
sedaris
C'est tout à fait ce que j'ai ressenti cette année en m'inscrivant au mois de septembre aux cours dispensés par la ville de Paris (merci Notre-Dame), non pas que Vivien Domingo, originaire de Croydon (l'équivalent londonien de Cergy-Pontoise) ait été sadique, mais que mon niveau d'anglais ne me permettait pas des masses plus que de demander de la sauce blue cheese avec ma Ceasar salad dans les établissements les plus branchés de Chelsea (celui de Manhattan, pas celui du club de foot).

Fort heureusement, grâce à Vivien et à une étude assidue de mon "Grammar Spectrum 3, Intermediate with answers", je peux désormais entretenir des conversations d'aéroport tout ce qu'il y a de plus édifiantes avec des gens qui m'abordent en prétendant ne pas parler français puis m'envoient des mails rédigés comme suit :
"Hi Bruno comment vas-tu ? je tiens a te dire merci pour ce courier et pour avoir penser a moi et ma famlle concernant la tragedie du mois de Janvier dernier (Pat est d'origine haitienne-NDLR).Bruno je voulais justement parle a toi en ce moment la. Je pouvais dire que je lisais la timidite sur ton visage. En effe,t je puis dire que tu t'etais cache derriere ton bouquin pour vaincre ta timidite. Oui Tu as peur de ne pas etre entendu et compris ou tout simplement de ne pas avoir un feedback positif de ce que tu aurais aime emettre. Ce soir la, je voyais qqch special en toi. Tu as des grandes qualites elles sont aigues. tes qualites depassent tes faiblesses.Bruno je te reconnais a travres moi.quand je fesait avance la foule,qqch emanait de ton sourire. "purete frnachise,et simplicite"Une fois de plus merci. merci de me fait part de ton amitie.
Amicalement tiens ,

Patrick"
Petite parenthèse : à votre avis, Pat est-il en train de me draguer, d'essayer de me soutirer du fric, ou de me faire rentrer dans sa secte ? (plusieurs réponses possibles)
Pour le week end de Pâques, je me suis inscrit aux travaux pratiques du chapitre 15 du Grammar Spectrum 3, consacré au Third Conditional, concept très britannique que l'on pourrait traduire par "Si j'aurais su, j'aurais pas venu".
spectrum
Je me suis en effet rendu dans le Sussex, comté dans lequel la mère de Bob réside, et ne s'exprime que selon ce mode, à la plus grande joie de son fils.

Celui-ci m'a initié à ce mode de communication, qui consiste à parler pour ne rien dire (j'avais quelques bonnes bases grâce à ma propre mère), en partant de postulats impossibles pour imaginer ce qu'aurait pu être la vie s'ils avaient existé, ce qui permet d'exprimer des regrets, par exemple :
- Si tu avais tourné au carrefour précédent (dépassé de 300m avec impossibilité de faire demi-tour), tu aurais pris un raccourci.
- Si nous avions déjeuné dans tel restaurant au lieu de celui que j'avais choisi, le repas aurait peut-être été meilleur.
- Si tu n'avais pas été homosexuel, tu aurais pu te marier et avoir des enfants.
- Si j'avais su qu'il allait pleuvoir, j'aurais pris mon parapluie (en plus du merdier abominable que je trimballe avec moi en toutes circonstances)

Cette dernière phrase est particulièrement intéressante puisqu'elle permet d'utiliser le third conditional en parlant de la météo, ce qui est doublement britannique (c'est win/win quoi).

La semaine prochaine, je vous recase mon exposé sur le Sussex, région réputée pour être olé-olé :

5 comments:

Agla said...

sa race, je ne passe pas souvent mais qu'est-ce que je me poile... ça vaut un steack.
anglicisme s'il en est, tu l'auras remarqué avec toute le finesse de l'esprit à toi, que je vu dès que l'on s'est croisé, quand tu cachais ton visage derrière un livre de confusion, le tien de confusion, pas celle de le livre, parce que ton visage montre la confusion des émotions que tu as grands et très beaux, non non moi je n'essayer pas de draguer non plus... je juste intéresse à ton argent.

bon, sans vouloir offusquer toi, je me suis arrêtée à "lui très gentil, le Jésus" sur cette première double [peine] page.

car tout ceci me fait bien rire, oui trop même selon l'avis de mes dessous, car ça offre une résonance toute particulière à mes récentes péripéties couch-surfiennes avec quelques métèques venus d'on ne sait où, et de bien plus loin encore.

je me rends compte de plus en plus de mes limites anglophones, au point que j'hésite maintenant à préciser sur ma page que j'accepterai plus volontiers une pute des bas-fonds de Bogota qu'un angliche frais émoulu d'Oxford, pour de basses raisons linguistiques.
fuck.

ps : c'est mal de se moquer de la culture.
et de sa belle-mère.
non, je déconne pour la belle-mère.

Et oui je bouge encore said...

L'exposé tu peux toujours nous le ressortir, nous savons bien qui l'a réellement pondu.

Bruno said...

Agla > Tu ne viens pas souvent, mais quand tu viens, c'est pas à moitié.

Nico > Dans la vie, on est jamais trop aidé

Ditom said...

Pat veut que tu l'aide à reconstruire sa maison malgré ta timidité maladive et ton obsession sous jacente pour l'odeur d'imprimerie des livres neufs. C'est évident.

Bruno said...

Ditom > je ne sniffe pas les bouquins, c'est juste que je suis très myope (Bob m'appelle Bookie le bookworm)