Il y a 15 jours, alors que j'errais comme une âme en peine dans mon arrondissement excentré et ringard, avant de regagner, seul, ma grotte défraîchie en vue d'une soirée en tête à tête avec la trilogie du samedi, je suis tombé sur la devantrine d'un bouquiniste/numismate/marchand de vielles merdes poussiéreuses.
Puisque je dois dès à présent me faire à l'idée de ma retraite, programmée pour le 31 décembre 2010 par notre cher gouvernement, il m'a semblé opportun de m'entraîner à une activité de vieux débris senior, à savoir compulser les cartes postales anciennes, mais uniquement des lieux que vous connaissez déjà (je ne connais personne qui s'emmerde assez pour aller mater des trucs inconnus).
Sortant rarement du 22, je me suis donc mis en quête de témoignages du passé de ce département breton méconnu, que la moitié de la population plaçait chez les ch'tis avant qu'il ne soit rebaptisé Côtes d'Armor. C'est vrai que c'est plus glamour, mais les gens qui ont de vagues notions de breton font valoir, non sans justesse, que "Armor" signifie bord de mer (en opposition avec l'Argoat = chez les ploucs) si bien que ce département s'appelle aujourd'hui "les Côtes de la Côte"
Je suis alors tombé sur une carte du Printania, fleuron de l'hostellerie perrosienne du XXème siècle, réputé pour son gîte et son couvert, notamment son homard à l'américaine ou à l'armoricaine, l'un ou l'autre se dit ou se disent.

Alors tout allait bien pour le Printania jusqu'à ce qu'une personne (vous remarquez comme je respecte la présomption d'innocence, je ne l'ai pas traité de magouilleur) décide que ça manquait de 4 zétoiles à Perros, et qu'il allait mettre bon ordre à tout ça
Il a donc déposé une espèce de permis de construire qui a été instruit dans des délais records (genre toi si tu veux changer la couleur de la tirette de la chasse d'eau à moins de 500 mètres de la mer, ça prend 5 siècles) afin de moderniser l'hôtel mais uniquement l'intérieur, l'aspect extérieur étant conservé à l'identique.

Alors vous je ne sais pas, mais je pense que ses architectes et entrepreneurs font partie de la même équipe que celle qui a dernièrement ravalé la façade de Catherine Deneuve, ou alors on a pas vraiment la même notion de l'identique.
Tout ça pour vous dire que maintenant, si vous voulez vous taper un homard à l'armoricaine, vous pouvez toujours vous toucher (il faut déjà savoir que pour eux, le homard est un poisson) mais que vous étiez pris d'une brusque envie de massage des pieds avec un bol tibétain, il y a tout ce qu'il faut.
Mais grâce à l'Agapa, l'équipe de France de Football a pu terrasser les Iles Féroë à l'issue d'un match haletant, alors nul doute que les juges feront preuve de clémence à l'égard des bienfaiteurs de Perros Guirec lors du procès qui a été repoussé au début de l'année 2010.

4 comments:
Je m'en tiens les bords de mer de rire…
Géniâââââââl, j'adôôôôôôre le style 1900.
Alors Armor Lux, ça veut dire lumière de la côte ?
C'est vraiment étonnant !!!
(j'aime pas le homard)
Denis > les tarifs du menu calment rapidement la joie (si c'était en francs, ce serait un bon rapport snobisme/prix)
Arnaud > Dans ce genre de baraques, tout est vintage, y compris la plomberie.
Fred > Exactement, c'est ce qu'on appelle le Far breton
Post a Comment